Bannière
Bières, Vins & Spiritueux > Actualités Internationales > Pierre Lurton : l'homme qui navigue sur l'excellence
Bannière
Bannière
Bannière
Bannière

Rencontrer Pierre Lurton, ça rend nerveux voyez-vous. Ce que Bill Gates est à l'informatique ou Madonna à la musique pop, Pierre Lurton l'est au vin.
Il dirige Château d'Yquem, l'unique Premier Cru Supérieur au classement de Bordeaux de 1855, et Château Cheval Blanc, Premier Grand Cru Classé A de Saint-Émilion. Deux vins majestueux, de notoriété mondiale, de quoi vous donner envie de figer le temps quand vous les dégustez.
Pierre Lurton était de passage à Montréal à l'occasion de Montréal Passion Vins en novembre. J'ai accepté l'invitation de l'agence Francs Vins pour un dîner chez Européa en compagnie de monsieur Lurton et de collègues de la presse spécialisée. Nous faire découvrir les vins du Château Marjosse, propriété de Pierre Lurton, était une occasion en or pour déguster trois millésimes du Château d'Yquem...
C'est un érudit, un passionné et surtout un homme fort sympathique qui nous a accompagné dans ce voyage gustatif et historique.
La nervosité qui m'habitait a donc laissé place à un certain calme...

L'ascension depuis Clos Fourtet

D'abord, Pierre Lurton, qui, à 23 ans, a décidé de troquer ses livres de médecine pour prendre une beau risque, celui de diriger le Clos Fourtet, Premier Grand Cru classé de Saint-Émilion, ayant appartenu à la famille Lurton pendant longtemps. C'est son oncle, André Lurton, qui a remis en lui toute sa confiance pour mener ce grand cru dans lequel le Merlot est roi.
C'est donc à cet âge que Pierre Lurton fait sa première cuvée, aux côtés d'Émile Peynaud, « le père de l'oenologie moderne », une chance que peu de gens de sa génération peuvent se vanter d'avoir eu.
Plus tard, comme pour confirmer un destin sublimé, on le choisit parmi 50 candidats pour diriger Château Cheval Blanc, Premier Grand Cru Classé A de Saint-Émilion, alors qu'il n'a que 33 ans. « En entrevue, on m'a dit que Lurton n'était peut-être pas idéal comme nom et l'on m'a suggéré de prendre le nom de ma mère. Ça compliquait les choses quand je leur ai répondu que ma mère était une Lafite! ».
Puis, on le désigne pour gérer Château d'Yquem en 1998, et pour prendre sa présidence en 2004. « Ça ne peut être que vous à Yquem », m'a t-on dit.
D'autre part, il dirige un vignoble fondé en 1999, le Cheval des Andes, en Argentine. Son vin qui porte le même nom est dans l'aire d'appellation Las Compuertas Lujan de Cuyo. M. Lurton est aussi présent en Afrique du Sud où il collabore avec certains vignobles.

Des mondes complexes
Ces grands vins, des « mondes de complexité » comme il les appellent, il les dirige avec coeur, rigueur et humilité. « Mais attention, que la réussite de ces crus ne cachent pas notre propre médiocrité. Ces mondes de complexité, il ne faut surtout pas les simplifier », explique celui qui a goûté Cheval Blanc dans le millésime mythique de 1947.
« La réelle définition de ces grands vins est leur aptitude au vieillissement et leur capacité de sublimer la matière dans le temps. »

Château Marjosse
Pierre Lurton vit avec sa femme et ses six enfants en Entre-Deux-Mers, située entre la Garonne et la Dordogne et qui constitue une appellation dans la grande région de Bordeaux.
C'est aussi en Entre-Deux-Mers que Pierre Lurton a son propre château, le Marjosse, avec la famille Lurton, Dominique et André. C'est son jardin secret qui repose sur un terroir argilo calcaire accueillant des vignes d'une moyenne d'âge de 40 ans.
« Je suis dans le ciel tous les jours et je redescend le soir en Entre-Deux-Mers. Et il y a ce doux vertige entre les deux », explique celui qui débute sa journée avec Cheval Blanc, puis Yquem, pour terminer sa journée dans les bras de l'Entre-Deux-Mers. « Le Château Marjosse, c'est ce qui me rend fréquentable », lance t-il à la blague.
Pierre Lurton est aussi passionné de voile, d'équitation, de photographie et de musique. Toutes des passions qu'il pratique.

Les vins de Pierre Lurton

Pour les membres du Courrier Vinicole (CV), ils auront la chance de se procurer le Château Marjosse rouge 2006 (Code 10849534) dans le CV Les Grands Vins de Bordeaux 2006 dont la dégustation aura lieu les 20 et 21 janvier. Quant au Château Marjosse blanc 2008 (Code 11146953), il est présentement dans le Courrier Vinicole La Relève. Pour les succursales, il faudra attendre encore quelques mois, s'il reste encore quelques bouteilles. Pour ceux qui voudraient à tout prix obtenir une bouteille de la grande famille des vins Lurton, le Cheval des Andes est disponible dans quelques succursales (76,50 $ - Code SAQ 10692354) ou encore le « Y » d'Yquem, un vin blanc sec atypique et magique (Bordeaux supérieur 2000 - 221 $ - Code SAQ 10204218) et le « Y » d'Yquem (Bordeaux supérieur 2002 - 140 $ - Code SAQ 10376440).
Château Marjosse 2008
AOC Entre-Deux-Mers
Région/pays : Bordeaux/France
Cépages : sauvignon, sémillon, muscadelle
D'une belle robe cristalline, le Château Marjosse blanc propose un nez de fruits, sur un trait de bourgeon de cassis et de lime. Excellent équilibre entre la rondeur et la fraîcheur. Une bouche enveloppante qui séduit. Bonne longueur.

Château Marjosse 2006
AOC Bordeaux
Région/pays : Bordeaux/France
Cépages : merlot, cabernet sauvignon, cabernet franc, malbec
Robe rubis qui invite à un nez très fin. Un rouge dans lequel le merlot prend sa place, aux arômes d'épices et de fruits. Un Bordeaux 2006 à essayer assurément. À surveiller: le 2008 est prometteur.


Château d'Yquem
Si plusieurs vins liquoreux existent dans le monde, peu, comme Yquem, sont le fruit du botrytis cinerea, ce champignon microscopique qui s'attaque aux baies de raisins. Nous avons dégusté trois millésimes, heureux assemblages de sémillon et de sauvignon. En résumé, ce fut, pour reprendre les paroles de Pierre Lurton, une façon élégante de voyager en 2005, en 1997 ainsi qu'en 1989. 2005 : Une grande année, un millésime de grande complexité avec de véritables tris sur le sauvignon, irréprochablement botrytisé. Une année qui marque la symbiose parfaite d'une équipe qui connaît son terroir, qui sait où et quand intervenir et surtout, qui sait prendre des risques. Un millésime d'une grande plénitude, aux accents d'abricot, de vanille, d'agrumes et d'acacia. Fraîcheur et velours sont en harmonie dans une longueur peu commune. 1997 : Une année de chaleur avec bonne concentration au final. On entre dans un monde d'arômes plus confiturés, de pâtes de fruits, de miel et une touche « fumée ». Sa robe d'or s'appuie sur une douce caresse qui tapisse la bouche, pure et précise. Longueur divine. 1989 : Millésime très chaud et sec, avec un temps de vendanges très court. Sa robe d'or prend ses teintes « havane » et invite à un long voyage, complexe et délicieux, sur des notes de figues, d'abricot et de fruits confits.

Photos:Château d'Yquem ©

*Je vous invite à visionner l'entrevue avec Pierre Lurton, réalisée lors de son passage à Montréal, sur vinotv.ca!


Hélène Dion
Sommelière conseil
Université du vin Suze-la-Rousse
Journaliste, Courrier de Saint-Hyacinthe – www.lecourrier.qc.ca
Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.





Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Bannière
Bannière
Bannière
Bannière
Bannière
Bannière

Partenariat relationnel

Bannière
Bannière
Bannière
Bannière

Conception web & Réalisation par HPJ Solutions